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	<title>Soufisme : Une invitation au soufisme &#187; La chaine D&#8217;or</title>
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	<description>Une invitation au soufisme</description>
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		<title>Salman al-Farisi</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Nov 2010 13:14:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musa Belfort</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chaine D'or]]></category>
		<category><![CDATA[Salman al-Farisi; Tasawwuf]]></category>

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		<description><![CDATA[Salman al-Farisi, honoré par le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) en ces termes : « il est de notre appartenance et de notre maison », est le troisième maillon de notre chaîne (silsila). Son véritable nom est Mâbih, mais après son entrée en islam, le Prophète (qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix) lui donna le nom de Salman ou Salman al-Khayr (Salman l’Excellent). Son patronyme était ibn Islam. Salman était originaire de Perse (l’actuel Iran) et précisément de la ville d’Isfahan. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 16px"><span style="display: none">&nbsp;</span>Prof Dr Hasan Kamil Yılmaz</span></span></p>
<p style="text-align: justify">&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Salman &eacute;tait plut&ocirc;t grand et son aspect tendait vers le brun ; il avait un beau visage et une barbe &eacute;paisse. Il &eacute;tait physiquement bien b&acirc;ti et son amiti&eacute; &eacute;tait sinc&egrave;re. Les Muhajiruns (1) et les Ansars (2) l&rsquo;avaient accueillis les bras ouverts ; chacun d&rsquo;eux disait de lui : &laquo; Salman est l&rsquo;un des n&ocirc;tres &raquo;.&nbsp; Consid&eacute;rant cela, le Proph&egrave;te Muhammad (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix)&nbsp; a dit : &laquo; Salman appartient &agrave; notre famille <em>(Ahl al-bayt)</em> &raquo;, d&eacute;montrant ainsi une grande bienveillance &agrave; son &eacute;gard.<br />
	Salman al-Farisi, honor&eacute; par le Messager d&rsquo;Allah (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) en ces termes : &laquo; il est de notre appartenance et de notre maison &raquo;, est le troisi&egrave;me maillon de notre cha&icirc;ne <em>(silsila).</em> Son v&eacute;ritable nom est M&acirc;bih, mais apr&egrave;s son entr&eacute;e en islam, le Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) lui donna le nom de Salman ou Salman al-Khayr (Salman l&rsquo;Excellent). Son patronyme &eacute;tait ibn Islam. Salman &eacute;tait originaire de Perse (l&rsquo;actuel Iran) et pr&eacute;cis&eacute;ment de la ville Isfahan. Le Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) a dit &agrave; ce sujet :<br />
	&laquo; J&rsquo;&eacute;tais le premier Arabe ; Suhayb, le premier Grec(3) ; Bilal, le premier Abyssin et Salman le premier Persan. &raquo; (<em>Sifaru&rsquo;s-safwa, I, 538, rapport&eacute; par Bazzar et Tabarani)</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Salman avait une ferme dans le village de Jay, dans le district d&rsquo;Isfahan, et appartenait &agrave; la riche famille d&rsquo;un chef de tribu. Son p&egrave;re s&rsquo;appelait B&ucirc;d ou B&ucirc;dehshan. Sa famille &eacute;tait des adorateurs du feu, comme d&rsquo;ailleurs tous les habitants de cette r&eacute;gion. Salman, lui aussi, fut un adepte de cette religion. Pourtant, son c&oelig;ur br&ucirc;lait d&rsquo;amour pour Dieu et pour la v&eacute;rit&eacute; ; cette qu&ecirc;te l&rsquo;incitait en cons&eacute;quence &agrave; chercher la vraie religion. Le christianisme, avec ses rites, attir&egrave;rent d&rsquo;abord son attention. Afin d&rsquo;apprendre les principes de cette religion, il se rendit &agrave; Damas puis, de l&agrave;, &agrave; Mossoul, Nusaybin et Ammuriya. Il s&eacute;journa quelques temps &agrave; Ammuriya et fut au service d&rsquo;un pr&ecirc;tre auquel il rendit maints services. Ce pr&ecirc;tre lui confia cette parole :<br />
	&laquo;&nbsp; Bient&ocirc;t viendra le moment o&ugrave; se manifestera le dernier proph&egrave;te issu de la religion de Hadrat Ibrahim : la religion de l&rsquo;Unicit&eacute; et de ceux qui croient en un Dieu Unique<em> (Hanif)</em> ; il verra la lumi&egrave;re en terre d&rsquo;Arabie. &raquo;<br />
	En cons&eacute;quence, Salman se joignit &agrave; une caravane de la tribu des Banu Kalb, venue &agrave; Ammuriya pour affaires, passa de nouveau &agrave; Damas et parvint aux alentours de M&eacute;dine, dans une localit&eacute; appel&eacute;e W&acirc;di&rsquo;l-Kur&acirc;.<br />
	Des marchands de Banu Kalb, trahissant la confiance de cet ami persan qui les avait suivis, le revendirent comme esclave &agrave; un Juif.<br />
	Le vieux pr&ecirc;tre qu&rsquo;il avait connu &agrave; Ammuriya lui avait confi&eacute; en mourant des indications propres &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation qui lui avait faite :<br />
	&laquo; Il appara&icirc;tra en Arabie et &eacute;migrera dans une localit&eacute; couverte de palmiers, situ&eacute;e entre deux zones rocheuses. Il aura le sceau de la proph&eacute;tie et acceptera les cadeaux, mais pas l&rsquo;aum&ocirc;ne. &raquo;<br />
	Alors qu&rsquo;il &eacute;tait esclave &agrave; M&eacute;dine, Salman eut vent de l&rsquo;av&egrave;nement du Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) et, &agrave; la premi&egrave;re occasion, il en profita pour l&rsquo;approcher. Salman examina attentivement les bases indicatives qu&rsquo;il avait re&ccedil;ues du pr&ecirc;tre d&rsquo;Ammuriya et, apr&egrave;s une longue inspection, put constater que le Proph&egrave;te Muhammad (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) poss&eacute;dait toutes les caract&eacute;ristiques qui lui avaient &eacute;t&eacute; annonc&eacute;es. Le c&oelig;ur jubilant de joie pour avoir trouv&eacute; la personne qu&rsquo;il cherchait, il n&rsquo;h&eacute;sita pas &agrave; enlacer l&rsquo;Envoy&eacute; d&rsquo;Allah (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) et &agrave; embrasser aussit&ocirc;t l&rsquo;islam.<br />
	Salman (qu&rsquo;Allah soit satisfait de lui), en qualit&eacute; d&rsquo;esclave, ne prit pas part aux exp&eacute;ditions militaires de Badr et d&rsquo;Uhud. Cependant, quelques compagnons, suite &agrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t personnel du Proph&egrave;te &agrave; son &eacute;gard, le rachet&egrave;rent et lui rendirent ainsi la libert&eacute;. Apr&egrave;s des ann&eacute;es de recherche et beaucoup de souffrances, Salman avait finalement trouv&eacute; la vraie religion ainsi que son noble proph&egrave;te. Sa plus grande joie &eacute;tait de rester &agrave; la mosqu&eacute;e, assis aux pieds de l&rsquo;Envoy&eacute; d&rsquo;Allah (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix). Il grava dans son &acirc;me tout ce qu&rsquo;il voyait et entendait, apprenant de lui tout ce qui est n&eacute;cessaire en termes de principes de vie. En les unissant aux nobles compagnons, il se fit aimer en peu de temps pour sa franchise, sa loyaut&eacute; et son ing&eacute;niosit&eacute;. Ils n&rsquo;&eacute;taient pas pr&ecirc;ts &agrave; vouloir le partager avec qui que ce soit. En particulier, au cours de l&rsquo;exp&eacute;dition militaire de Khandaq (4), sa grande exp&eacute;rience et son savoir les laiss&egrave;rent rempli d&rsquo;admiration. Son id&eacute;e de creuser un foss&eacute; autour de la ville fut tr&egrave;s innovante et moderne en rapport avec l&rsquo;&eacute;poque en termes de strat&eacute;gie militaire. Salman (qu&rsquo;Allah soit satisfait de lui) avait travaill&eacute; f&eacute;brilement aux fouilles de la fosse ; celle-ci devait avoir une fonction protectrice, une sorte de mur de d&eacute;fense. Il r&eacute;ussit en un jour &agrave; r&eacute;aliser une ligne de cinq coud&eacute;es de profondeur et de dix de large. Ce succ&egrave;s avait consolid&eacute; l&rsquo;estime des autres compagnons et ces derniers ne voulurent pas le partager avec qui que ce soit. Les Emigrants (Muhajiruns) l&rsquo;avaient accueilli les bras ouverts disant : &laquo; Salman est l&rsquo;un des n&ocirc;tres &raquo; ; les Auxilliaires (Ansars) avaient agi pareillement. En voyant ces choses, le Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) d&eacute;clara :<br />
	&laquo; Salman est l&rsquo;un des n&ocirc;tres ; il appartient &agrave; notre Maison &raquo;, lui conf&eacute;rant ainsi un honneur incomparable. Apr&egrave;s l&rsquo;H&eacute;gire du Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix), les M&eacute;dinois, montrant une sensibilit&eacute; incomparable dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit&eacute;, proclam&egrave;rent leurs liens fraternels avec les Mecquois ; &agrave; cette occasion, Ab&ucirc; Darda choisit Salman comme son propre fr&egrave;re. Tous deux &eacute;taient pauvres et ils menaient une vie asc&eacute;tique ; ils se rendaient de fr&eacute;quentes visites, s&rsquo;int&eacute;ressaient &agrave; leurs besoins r&eacute;ciproques et s&rsquo;entraidaient. En outre, ils s&rsquo;encourageaient mutuellement &agrave; l&rsquo;observance de la Sunna. L&rsquo;exp&eacute;rience issue de la longue vie de Salman, ses voyages et son intelligence aigu&euml; se r&eacute;v&eacute;l&egrave;rent dans un asc&eacute;tisme plus mod&eacute;r&eacute;. L&rsquo;&eacute;tat spirituel d&rsquo;Ab&ucirc; Darda, dont le choix de vie &eacute;tait centr&eacute; sur les rites d&rsquo;adoration, s&rsquo;exprimait par contre de mani&egrave;re plut&ocirc;t diff&eacute;rente. En effet, un jour, Salman (qu&rsquo;Allah soit satisfait de lui) rendit visite &agrave; Ab&ucirc; Darda, mais ce dernier n&rsquo;&eacute;tait pas chez lui. A la vue d&rsquo;Ummu&rsquo;d-Darda, l&rsquo;&eacute;pouse de son ami, qui &eacute;tait v&ecirc;tue d&rsquo;un vieil habit et vivant dans un &eacute;tat mis&eacute;rable, il ne put se retenir de lui demander : &laquo; Que s&rsquo;est-il pass&eacute; ? &raquo; Ummu&rsquo;d-Darda r&eacute;pondit l&rsquo;air afflig&eacute; : &laquo; Ton fr&egrave;re Ab&ucirc; Darda a r&eacute;pudi&eacute; ce monde. &raquo; Il je&ucirc;ne la journ&eacute;e, il se l&egrave;ve la nuit (5), qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse ! Mais il n&rsquo;y a personne pour s&rsquo;occuper de nous. &raquo; En entendant ces choses, Salman en resta pein&eacute;. Il &eacute;tait sur le point de repartir lorsque survint Ab&ucirc; Darda. A la vue de Salman, il courut imm&eacute;diatement pour l&rsquo;enlacer, puis l&rsquo;invita chez lui et lui offrit &agrave; manger. Salman lui demanda : &laquo; Ne veux-tu pas t&rsquo;asseoir &raquo; ? Ab&ucirc; darda lui r&eacute;pondit : &raquo; Non, je je&ucirc;ne &raquo;. Cette fois, Salman s&rsquo;obstina et dit &agrave; son ami : &laquo; Je jure par Allah que si tu ne t&rsquo;assieds pas aussi, je ne toucherai pas &agrave; cette nourriture. &raquo; Ab&ucirc; Darda n&rsquo;eut pas d&rsquo;autre choix que de rompre son je&ucirc;ne (nawafil) (6) et de s&rsquo;asseoir pr&egrave;s de son fr&egrave;re. A la nuit tomb&eacute;e, ils se retir&egrave;rent pour se reposer. Pass&eacute; un tiers, ou peut-&ecirc;tre la moiti&eacute; de la nuit, Ab&ucirc; Darda voulut se lever pour prier, mais Salman ne le lui permit pas. Au dernier tiers de la nuit, ce dernier dit &agrave; son ami : &laquo; Accomplissons la pri&egrave;re du tahajjud (7) &raquo; et ils l&rsquo;accomplirent ensemble. Puis Salman s&rsquo;adressa &agrave; Ab&ucirc; Darda en ces termes : &laquo; Regarde mon fr&egrave;re, le Seigneur a des droits sur toi, mais Il en a aussi sur ton &acirc;me, ta famille, tes h&ocirc;tes et m&ecirc;me sur tes voisins. Et moi aussi j&rsquo;ai des droits sur toi. Tu accomplis la sal&acirc;t pour le Seigneur ; tu je&ucirc;nes ; tu accomplis tes devoirs de serviteur, mais en m&ecirc;me temps, n&rsquo;oublie pas le nafs (l&rsquo;ego). Tu manges, tu bois, tu dors, mais ne n&eacute;glige pas tes compagnons de voyage ! &raquo;<br />
	&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Salman (qu&rsquo;Allah soit satisfait de lui) fut un compagnon r&eacute;put&eacute; pour sa vie asc&eacute;tique et ne donnait aucune importance aux choses de ce monde. Quand il se maria avec une femme de la tribu Kinda, alors que dans la chambre nuptiale &eacute;tait dispos&eacute; partout de riches &eacute;toffes et des pierres pr&eacute;cieuses, il ne put se retenir de dire : &laquo; Notre foyer s&rsquo;est transform&eacute; en feu de l&rsquo;Enfer. &raquo; l&rsquo;Envoy&eacute; d&rsquo;Allah, mon plus cher ami, m&rsquo;a dit : &laquo; tes biens dans ce monde sont comme les provisions d&rsquo;un voyageur et doivent suffire pour un voyage. &raquo; et il refusa d&rsquo;entrer chez lui jusqu&rsquo;&agrave; ce que ces biens mat&eacute;riels fussent enlev&eacute;s et l&rsquo;habitation rendue &agrave; sa simplicit&eacute; habituelle. Salman avait gard&eacute; comme un tr&eacute;sor les paroles du Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix), il les gardait jalousement au fond de lui ; d&rsquo;ailleurs, il eut l&rsquo;opportunit&eacute; de les partager avec Sa&rsquo;d ibn Ab&ucirc; Wakkas &agrave; une certaine occasion. En effet, Salman &eacute;tait tomb&eacute; malade et re&ccedil;ut la visite de Sa&rsquo;d. En le voyant pleurer, Sa&rsquo;d fut troubl&eacute; et il lui en demanda la raison. Salman r&eacute;pondit : Je ne pleure pas par crainte de la mort, ou bien par amour excessif pour ce bas monde, mais je pleure pour ne pas avoir &eacute;cout&eacute; les recommandations de l&rsquo;Envoy&eacute; d&rsquo;Allah (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) et ne lui avoir pas ob&eacute;i. En effet, il nous a dit : &laquo; Que vos biens dans ce bas monde ne soient pas sup&eacute;rieurs &agrave; ceux d&rsquo;un p&egrave;lerin. Regardez ici, par contre, le nombre de choses qu&rsquo;il y a ! &raquo;<br />
	A ce moment-l&agrave;, il poss&eacute;dait un baquet pour la lessive, une marmite de terre cuite plut&ocirc;t large et un r&eacute;cipient pour les ablutions rituelles. A sa mort, tout ce qui laissa ne d&eacute;passa pas la valeur de quatorze dirhams (8).<br />
	&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Au temps du califat de Hadrat Omar, il fut nomm&eacute; gouverneur de Madayin, mais cette charge importante n&rsquo;apporta pas de changement &agrave; son niveau de vie, convaincu que l&rsquo;honneur et la gloire ne consistassent pas dans le prestige et la conformit&eacute; de ce monde, mais dans le bon comportement et la foi en l&rsquo;au-del&agrave;. De gouverneur, il ne poss&eacute;dait ni v&ecirc;tement ni maison appropri&eacute; &agrave; sa condition. Le manteau qu&rsquo;il portait pendant la journ&eacute;e lui servait la nuit soit de drap, soit de couverture. Il dit un jour &agrave; un musulman qui voulait lui b&acirc;tir une maison : &laquo; je voudrais qu&rsquo;elle soit juste suffisamment haute pour que je ne me cogne pas la t&ecirc;te en me levant, et juste suffisamment longue pour que je puisse allonger mes jambes en m&rsquo;&eacute;tendant. Ce qui est en plus est superflu. &raquo;<br />
	&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Pendant son gouvernement, il s&rsquo;occupa m&ecirc;me des petites choses qui concernaient la ville et ses habitants. Il n&rsquo;avait pas honte d&rsquo;aller parmi les gens en v&ecirc;tement &eacute;lim&eacute;. Habill&eacute; de telle fa&ccedil;on, nul ne pouvait le reconna&icirc;tre ; il arrivait qu&rsquo;on lui fasse porter des charges, mais personne ne savait qu&rsquo;il s&rsquo;agissait du gouverneur en personne ; si quelqu&rsquo;un le reconnaissait durant un trajet et lui proposait de porter la charge &agrave; sa place, il ne le permettait pas et poursuivait sa marche jusqu&rsquo;&agrave; la destination fix&eacute;e. Il &eacute;tait convaincu que le fait de travailler de ses propres mains demeurait la nourriture la plus profitable pour l&rsquo;homme. Afin de s&rsquo;assurer un moyen de semi-existence, il tressait casiers et paniers avec des feuilles de palmier et les vendait ensuite au march&eacute;. Il tirait de cette activit&eacute; de quoi subsister. Auparavant, il achetait pour un dirham la mati&egrave;re qui lui fallait, en l&rsquo;occurrence des feuilles de palmier, et revendait ses ouvrages pour trois dirhams. Avec l&rsquo;un de ces dirhams, il &eacute;tablissait un contrat pour acheter le mat&eacute;riel n&eacute;cessaire, et concernant les deux dirhams restant, il les destinait &agrave; l&rsquo;entretien de sa famille et &agrave; l&rsquo;aum&ocirc;ne.<br />
	&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Pendant la p&eacute;riode o&ugrave; il fut gouverneur et en prenant de l&rsquo;&acirc;ge, il diminua ses heures de sommeil. Pour cette raison, d&egrave;s que l&rsquo;obscurit&eacute; survenait, il commen&ccedil;ait &agrave; effectuer ses salats (pri&egrave;res) ; il continuait ainsi tant qu&rsquo;il avait assez de force et poursuivait avec le dhikr et la m&eacute;ditation. Apr&egrave;s un certain temps, quand il estimait que son corps &eacute;tait assez repos&eacute;, il reprenait l&rsquo;accomplissement des salats (pri&egrave;res). Convaincu que le fait de manger et de boire n&rsquo;&eacute;taient pas un but en soi, mais seulement un fait relevant du juste milieu des choses, il n&rsquo;eut jamais de penchant excessif pour la nourriture. A quelqu&rsquo;un qui insista pour qu&rsquo;il mange&acirc;t encore, il r&eacute;pondit : &laquo; N&rsquo;insistez pas, ce que je poss&egrave;de me suffit &raquo;. En effet, j&rsquo;ai entendu l&rsquo;Envoy&eacute; d&rsquo;Allah (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix) dire : &laquo; Quiconque se remplit l&rsquo;estomac d&rsquo;aliments dans ce monde souffrira le Jour du Jugement d&rsquo;une faim terrible. Ce monde est la prison du croyant et le Paradis du m&eacute;cr&eacute;ant. &raquo; <em>(V. Hilayet ahliyel-Awliy&acirc;, I, 199)<br />
	</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: 14px"><span style="font-family: times new roman, times, serif"><span style="font-family: georgia, serif">Salman mettait l&rsquo;accent sur l&rsquo;effet suscit&eacute; par la faim : le fait de ne pas manger &agrave; sati&eacute;t&eacute; poss&egrave;de un effet de contr&ocirc;le sur l&rsquo;&acirc;me car cela l&rsquo;&eacute;duque &agrave; la patience : de la m&ecirc;me mani&egrave;re que le cheval voit sa ration d&rsquo;orge diminuer, ou le chien sa ration de viande, l&rsquo;objectif &eacute;tant de les rendre plus docile. Cependant, au cours d&rsquo;une occasion particuli&egrave;re, Salman fit d&rsquo;abondantes provisions, comparable &agrave; la mesure de la charge d&rsquo;un chameau. Naturellement, des gens qui connaissaient sa sensibilit&eacute; particuli&egrave;re &agrave; la circonspection lui demand&egrave;rent : &laquo; H&eacute;, Salman, qu&rsquo;est-ce que cela signifie ? &raquo; Salman leur r&eacute;pondit : &laquo; En voyant ces provisions, le moi se tranquillisera sur le fait qu&rsquo;il sera &eacute;cout&eacute; sur ses n&eacute;cessit&eacute;s et il ne sera plus d&eacute;sagr&eacute;able. &raquo; Il voulait dire par l&agrave; que l&rsquo;une des fa&ccedil;ons efficaces pour g&eacute;rer les passions animales consiste &agrave; satisfaire ses d&eacute;sirs l&eacute;gitimes, mais de mani&egrave;re contr&ocirc;l&eacute;e. Le principe du Tasawwuf est : &laquo; les mains sont laborieuses, mais le c&oelig;ur reste avec qui est cher. &raquo; et s&rsquo;exprime par ces mots : &laquo; Lorsque tu m&eacute;dites, rappelle-toi de ton Seigneur ; lorsque tu juges, quand tu es avec les gens, lorsque tu es engag&eacute; dans les choses de ce monde, rappelle-toi toujours de ton Seigneur. &raquo;&nbsp;<br />
	L&rsquo;amiti&eacute; fraternelle qui existait entre Salman et Ab&ucirc; Darda dura de nombreuses ann&eacute;es. Pendant la p&eacute;riode o&ugrave; Salman fut gouverneur de Madayin, Ab&ucirc; Darda lui &eacute;crivit la lettre suivante:<br />
	&laquo;&nbsp; Que le Nom d&rsquo;Allah soit lou&eacute; ; Il m&rsquo;a b&eacute;ni en me donnant ton amiti&eacute;, mes fils et mes biens mat&eacute;riels. Il a en outre permis que ma demeure se trouve en Terre Sainte&hellip; &raquo;<br />
	Salman lui r&eacute;pondit en ces termes :<br />
	&laquo; Dans ta lettre, tu m&rsquo;&eacute;cris que tu as &eacute;t&eacute; b&eacute;ni par des fils et des biens mat&eacute;riels. Sache que le profit et le m&eacute;rite ne se trouvent pas dans la possession de fils ou de biens mat&eacute;riels, mais dans le fait de se munir de patience et d&rsquo;un savoir utile. Tu &eacute;cris &eacute;galement que tu es heureux de demeurer dans la Ville Sainte. Le fait d&rsquo;y r&eacute;sider pour soi-m&ecirc;me n&rsquo;est ni un motif de sanctification ni d&rsquo;&eacute;l&eacute;vation. Le v&eacute;ritable honneur, la v&eacute;ritable &eacute;l&eacute;vation consiste &agrave; adorer Allah comme si on Le voyait ; r&eacute;aliser le sens de l&rsquo;ihsan ; ne pas trouver en soi l&rsquo;existence d&rsquo;un moi ; ne pas tenir compte de sa mort prochaine. &raquo;<br />
	Dans cette lettre, Salman (qu&rsquo;Allah soit satisfait de lui) exprime et r&eacute;pand les notions li&eacute;es &agrave; l&rsquo;ihsan, exprimant particuli&egrave;rement le fait que l&rsquo;initi&eacute; est &eacute;tranger &agrave; ce monde. Les notions de pauvret&eacute; <em>(faqr) </em>et d&rsquo;asc&eacute;tisme sont consid&eacute;r&eacute;es comme les bases du Tasawwuf (soufisme).<br />
	</span>&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Le Proph&egrave;te (qu&rsquo;Allah le b&eacute;nisse et lui accorde la paix), en posant ses mains sur les &eacute;paules de Salman, dit : &laquo; Si la foi se trouvait dans la constellation des Pl&eacute;iades, l&rsquo;un de ces hommes la rejoindraient &agrave; coup s&ucirc;r. &raquo; <em>(V. &laquo; Tejrid Ter &raquo; XI, 201)</em> Ces paroles lui indiqu&egrave;rent un objectif &agrave; atteindre et c&rsquo;est peut-&ecirc;tre pour ce motif que lors de la conqu&ecirc;te de la Perse (l&rsquo;Iran), Salman voulut faire partie de l&rsquo;exp&eacute;dition ; &agrave; la mani&egrave;re des proph&egrave;tes, il ne combattit jamais sans avoir pr&eacute;alablement invit&eacute; les gens &agrave; la foi en Dieu. Apr&egrave;s la conqu&ecirc;te de la perse (l&rsquo;Iran), Salman revint exercer de nouveau sa fonction de gouverneur de Madayin, mais sa sph&egrave;re d&rsquo;influence morale et spirituelle s&rsquo;exer&ccedil;a dans des contr&eacute;es comme la Perse (l&rsquo;Iran), tel Isfahan et &eacute;galement dans le Turkestan. Cette derni&egrave;re contr&eacute;e, en effet, fut le lieu o&ugrave; se r&eacute;pandit la Naqshbandiyya, voie spirituelle de laquelle Salman constitua l&rsquo;un des premiers maillons de la silsila (=cha&icirc;ne dor&eacute;e).<br />
	Selon la tradition, Salman v&eacute;cut plus de deux cents ans et mourut en l&rsquo;an 35 de l&rsquo;H&eacute;gire (655 A.C)</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Qu&rsquo;Allah lui accorde sa mis&eacute;ricorde</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">&nbsp;</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">*******************************************************************************************</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">Sources: &laquo;Hiliyat al-Awliya&raquo;, I, pag.185-208; &laquo;Sifat as-safwa&raquo;, I, pag.523-556; Sharani, I, pagg.20-21; &laquo;Al-Qawakib ad-durriye&raquo;, I, pag.59-61; &laquo;Al-Hadaiq al-Wardiyya&raquo;, pag.92-96; &laquo;Tejrid-i Sarih Terc. &raquo; VI, pag.645-654; &laquo;Ad-Durar an-Nadid&raquo;, pag.17-20; &laquo;Irgam-ul-Marid&raquo;, pag.33-60; &laquo;Irgam-ul-Marid Terc. &raquo;, pag.45-49.</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: georgia, serif"><span style="font-size: 14px">&nbsp;</span></span></p>
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