Les nobles leçons morales et vertueuses du Prophète Muhammad
Par Osman Nuri Topbaş Efendi
Pour le croyant, atteindre l’état suprême de l’humanité n’est seulement possible qu’en perfectionnant ses propres attributs spirituels et en prenant part à la vie exemplaire et de haute moralité du Prophète Muhammad (paix et salut de Dieu sur lui). Cet état peut être atteint par l’amour ressenti pour le Prophète et par la maîtrise de la capacité de s’entourer de sa spiritualité.
L’Humanité toute entière a entendu les saintes récitations qui guérissent et vivifie le cœur grâce aux discours bénis du Prophète. L’Humanité est devenue la manifestation du pardon et de la bienveillance d’Ar-Rahman (Le Très Miséricordieux) en honorant l’amour du Prophète qui est connu comme ‘ la Lumière de l’Existence’. Encore une fois, en dépit de ses péchés, l’Humanité a obtenu le droit d’être appelé de façon compassionnelle par le Seigneur : ‘Ô mes serviteurs’, en l’honneur de Son amour pour le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui). Compte tenu de cette bienveillance, courtoisie et gentillesse, notre devoir en tant que Communauté musulmane (Oumma) est d’obéir de tout cœur aux ordres, interdictions et conseils édictés par le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) et vivre notre existence au moyen de la spiritualité de sa Sounna (les paroles et actions du Prophète). ‘Miséricordieux et compatissant’ lui-même, le Prophète souhaita que sa Oumma suive ces instructions. En voici quelques unes :
Notre Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) a proclamé :
‘Mon Seigneur m’a enjoint de Le craindre aussi bien en privé qu’en public.’ (En d’autres termes, je vous conseille d’agir de cette façon.)
Comme il a toujours complètement obéi à cette injonction, à l’instar de toutes celles de Dieu, le Messager de Dieu dit :
‘Je jure par Dieu le Très-Haut que je suis celui qui parmi vous Le craint le plus et je suis celui qui Lui manifeste le plus de crainte révérencielle.’ (Bukharî, Niqah 1)
Chaque fois qu’il quittait une assemblée, le Prophète invoquait toujours son Seigneur de la façon suivante :
‘Ô Allah ! Bénis-nous suffisamment par Ta crainte afin de nous préserver du péché.’ (Tirmidhî, Daawat, 79)
Parmi les êtres humains, c’est le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) qui fut le plus béni par les plus hautes manifestations de Dieu le Très-Haut. Un jour, il dit à ses compagnons :
‘Si vous saviez ce que je sais, vous ririez peu et pleureriez beaucoup’, et couvrant leurs visages, ils se mirent tous à pleurer à haute voix. (Bukharî, Tafsir, 5/12)
Dieu le Très-Haut promet le Paradis à quiconque de Ses serviteurs qui le craint en secret et en public. Il est dit dans les versets coraniques suivants :
« Et pour celui qui aura redouté de comparaître devant son Seigneur, et préservé son âme de la passion, le Paradis sera alors son refuge. » (Coran : 79/40-41)
« Voilà ce qui vous a été promis, [ainsi qu'] à tout homme plein de repentir et respectueux [des prescriptions divines], qui redoute le Tout Miséricordieux bien qu'il ne Le voit pas, et qui vient [vers Lui] avec un cœur porté à l'obéissance. » (Coran : 50/ 32-33)
« Ils s'arrachent de leurs lits pour invoquer leur Seigneur, par crainte et espoir ; et ils font largesse de ce que Nous Leur attribuons. » (Coran : 32/16)
A cause de cela, les prophètes et les personnes proches de Dieu éclairent leurs nuits par la crainte qu’ils ont de Lui, dans l’espoir d’être bénis de Sa miséricorde infinie. Leurs nuits sont plus lumineuses et plus claires que leurs jours, car elles sont remplies de paix et de l’esprit des prosternations accomplies abondamment avec larmes.
Le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) a dit :
‘ Mon Seigneur m’a ordonné de gouverner avec justice en période de colère et de conflit.’ (Je vous conseille d’agir de même)
La colère est un état dans lequel une personne a du mal à garder son sang froid et la gestion de ses sens. On peut perdre son équilibre et s’écarter de la justice. Dans ce cas, la personne doit toujours se rappeler de Dieu et du Jour du Jugement, rester patiente et sereine afin de ne pas dériver vers l’injustice. Notre Seigneur nous a donné des instructions à ce sujet :
« (…) Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice (…) » (Coran : 4/135)
« (…) Soyez équitables car Allah aime les équitables. » (Coran : 49/9)
Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) a dit dans un hadith (paroles du Prophète), dans lequel il évoqua diverses questions :
‘ Il y a trois choses qui sauvent :
- D’être juste dans la colère et le consentement,
- D’être frugal dans la richesse et la pauvreté
- De craindre Allah en secret et en public.’
Lorsqu’un homme vint au Prophète pour lui demander des renseignements sur l’abrogation de la peine pour vol, il donna l’exemple de sa fille bien-aimée et dit :
« Je jure devant Allah que si Fatima, la fille de Muhammad, volait, je lui aurais certainement aussi coupé la main. » (Bukharî, Anbiya 54 ; Muslim, Hudud, 8-9)
La justice est nécessaire pour le bien-être de l’individu et de la société. Omar (que Dieu l’agrée) rappelle cette vérité par la déclaration suivante :
« La justice est le fondement de la souveraineté (l’État, l’indépendance et le gouvernement). »
Dans les deux années et demie qui suivirent, elle domina pendant quatre-vingt-douze années la dynastie Amawi. Omar ibn Abdulaziz, le cinquième des plus grands califes de l’Islam, étendit les frontières de l’Islam jusqu’en Espagne. Cette réalisation, accompagnée par des gens vivants en paix et en sécurité, est le résultat de la loi de justice et d’équité pratiquée dans son propre pays. Nul ne peut prospérer en transgressant et aucun État ne peut tenir sans justice. Encore une fois, il y a l’exemple du cas précis du Sultan Fatih, saisi au tribunal par un architecte chrétien ; l’affaire vint devant Hizir Bey qui avait été nommé par Fatih lui-même et ils étaient des amis très proches ; malgré tout, la décision du tribunal fut en défaveur du Sultan. Ce résultat fut consécutif au système de justice qui assura la primauté de l’État ottoman durant des centaines d’années.
Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) a dit :
« Mon Seigneur m’a ordonné d’être frugal dans l’abondance et la pauvreté. » (Je vous conseille de faire de même.)
Toute personne, qu’elle soit riche ou pauvre par attribution divine, devrait être frugale. Elle ne doit jamais gaspiller ce qu’elle possède. Même le Prophète a fait savoir que nous devons être conscients de la valeur de la richesse avant que la pauvreté ne survienne. Dans les versets coraniques suivants, Dieu le Très-Haut nous commande d’être frugaux et modérés :
« (…) Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables ; et le Diable est très ingrat envers son Seigneur. » (Coran : 17/26-27)
« Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou [par avarice], et ne l'étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné. » (Coran : 17/29)
Quant au Prophète (paix et salut de Dieu sur lui), il a dit :
« Ceux qui sont frugaux et loin du gaspillage ne seront jamais indigents. » (Ibn Hanbal, I, 447)
« Quiconque fait ‘istikhara’ (la prière de demande) ne sera jamais déçu ; quiconque demande conseil ne le regrettera pas et quiconque est frugal ne connaitra pas la pauvreté. » (Haythami, Majmau’z-Zawâid, II, 280)
En conséquence, le croyant doit être conscient que tout appartient à Dieu et qu’il est un gardien de ce domaine. Il devrait dépenser juste ce dont il a besoin et utiliser le reste pour la gloire de Dieu. Le Très-Haut dit :
« (…) Et ils t'interrogent : ‹Que doit-on dépenser (en charité) ? » Dis : « L'excédent de vos bien (…) » (Coran : 2/219)
Notre Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) nous a conseillé d’être généreux même pendant les périodes où les moyens sont maigres. Il a dit :
« Sauvez-vous du Feu, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte. Celui qui ne peut en trouver, qu’il s’en protège avec des paroles plaisantes et agréables. » (Bukharî, Adab, 34)
La véritable source de joie de la richesse et des biens sera acquise par la distribution des aumônes dans la voie de Dieu. Afin d’être en mesure de dépenser dans la voie de Dieu, il faut gagner sa subsistance par des moyens légaux (halal) et ne pas laisser l’amour des choses matérielles dans le cœur. C’est pourquoi le Prophète a dit :
« Un produit bénéfique et halal est une bénédiction dans les mains d’une personne juste. » (Ibn Hanbal, IV, 202)
C’est parce qu’une personne juste est compatissante et miséricordieuse. Et la compassion signifie donner de ce qu’on a à ceux qui n’ont pas. En d’autres termes, la compassion arrive au secours des gens pour compenser ce à quoi ils ont été privés. La compassion et la générosité sont des moyens pacifiques de conscience dans ce monde et bonne nouvelle pour le bonheur éternel.
Les personnes riches sont appelées ‘agneya-i-shakirin’ quand elles sont reconnaissantes à leur Seigneur et distribuent des aumônes qui sont peu abondantes dans les sociétés.
Il en est de même pour les gens appelés ‘fuqara–i-sabirin’, qui sont pauvres mais patients. C’est pourquoi ces deux groupes de personnes sont agréables à Dieu le Très-Haut. Les gens qui sont agréables à Dieu et qui demeurent dans l’honneur sont les riches reconnaissants et les pauvres qui sont dignes. Mais il y a un blâme pour les riches qui sont arrogants et avares ainsi que pour les pauvres qui ne sont pas patients car ils sont rebelles à ce qui était prédestiné pour eux. C’est la raison pour laquelle le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) invoquait Dieu comme ceci :
« Ô Seigneur ! Je cherche refuge en Toi contre l’instigation de la richesse et de la pauvreté. » (Muslim, Dhikr, 49)
Ainsi, celui qui porte les nobles vertus, telles que le contentement et la soumission, et celui qui place sa confiance en Dieu sont riches dans le vrai sens du terme. Aussi, la véritable souveraineté de la richesse est obtenue grâce au bonheur de l’aumône.
Lorsque les compagnons du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) commencèrent à se mobiliser en vue de l’expédition de Tabūk, même les compagnons les moins fortunés qui n’avaient pas grand-chose à offrir furent excités à l’idée d’offrir leur vie en sacrifice étant donné la rareté des ressources dont ils disposaient. Abû Akil était un de ces compagnons qui avait travaillé toute une nuit et avait obtenu deux mesures de dattes. Il laissa une mesure chez lui pour sa famille et offrit l’autre pour les combattants. Après cela, le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) lui dit :
« Puisse Dieu bénir ce que tu as apporté et ce que tu as retenu. »
Puis, il prit les dattes apportées par Abû Akil et les rajouta avec celles déjà collectées. (Tabarî)
Un jour, le Messager de Dieu dit :
« Un dirham dépasse (la valeur de) cent mille dirhams. »
Les compagnons demandèrent :
« Comment cela peut-il être, ô Messager de Dieu ? »
Le Messager leur répondit :
« Un homme avait deux dirhams. Il en donna un en aumône (ce qui signifie la moitié de sa richesse). Un autre homme (qui était très riche) alla vers ses biens, prit cent mille dirhams et les donna en aumône. » (Nasaî ; Zakat ; 49)
Ce que l’on entend ici est que la première personne a donné la moitié de ce qu’elle possède, bien qu’elle soit dans le besoin ; la seconde personne, bien qu’elle ait sacrifié beaucoup plus que la première, n’a seulement donné qu’une infime partie de ses richesses. Cela signifie que la stature de l’aumône est associée au degré de l’autosacrifice et de la dévotion ressentie dans le cœur au lieu de la quantité matérielle qu’elle pourrait offrir.
Le récit des trois martyrs de la bataille de Yarmuk montrant le degré d’autosacrifice ressenti dans le cœur de ces compagnons constitue un exemple extraordinaire qui demeure difficile à atteindre. Ils se sont partagé de l’eau alors qu’ils avaient tous désespérément soif et étaient dans les affres de la mort.
L’idéal de ces compagnons était d’adopter eux-mêmes la moralité du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui). C’est pourquoi la miséricorde et l’ascèse ont été au sommet avec eux étant donné que cette société vivait dans un perpétuel état de discipline ascétique. Ils ne connaissaient pas le mode de vie fait de gaspillage et de consommation excessive, de gourmandise, de luxe et d’ostentation. Leurs riches étaient les ‘agneya-i-shakirin’ et leurs pauvres étaient les ‘fuqara-i-sabirin’. Le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) est le meilleur exemple de ‘fukara-i-sabirin’ car durant les moments où rien ne se cuisait chez lui, et cela pouvait durer des jours, il mettait une pierre sur son ventre afin de supprimer la sensation de faim.
Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) a dit :
« Mon Seigneur m’a ordonné de donner aux proches leurs droits (c.-à-d. en les visitant), même à ceux qui ont rompu leurs liens avec moi. Je vous conseille de faire de même. »
Dieu le Très-haut ordonne avec persistance à Ses serviteurs de maintenir leurs relations avec leurs parents et d’être aimable et bienveillant envers eux.
Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) a dit également :
« Allah le Très-Haut m’a envoyé avec la mission d’expliquer la nécessité de protéger et de sauvegarder les proches, de briser les idoles et de faire savoir qu’Allah le Très-Haut est Un et qu’Il n’a pas d’associés. » (Muslim, Musafirin, 294)
En cela, il établit l’importance des proches parents, déclarant qu’il fallait les visiter, les protéger et les sauvegarder. Mêmes s’ils ne nous retournent pas notre affection ou bien même rompent leurs liens avec nous, c’est une obligation de notre foi de maintenir les relations et de les faire revenir doucement sur la voie de Dieu. Il est dit ceci dans un autre hadith :
« Celui qui répond de la même manière à la bonté de ses proches ne les a pas réellement protégé ni sauvegardé. En réalité, celui qui protège et sauvegarde ses proches est celui qui continue d’être bienveillant même quand les liens ont été coupés avec eux. » (Bukharî, Adab, 15 ; Abû Dawud, Zakat, 45)
Il ne fait aucun doute que le plus grand exemple en la matière est le Prophète lui-même. En effet, à chaque fois qu’il sacrifiait un animal, il en envoyait des parts à la famille de Khadîdja, sa première épouse. Là aussi, il a déclaré :
« Apprenez suffisamment de votre lignée afin d’octroyer à vos parents leurs droits. » (Ali al-Muttaki, Kanz X, 220, n° 29162)
Dans les versets suivants, Dieu le Très-Haut déclare que ceux qui manquent à leurs obligations d’accorder à leurs parents leurs droits ainsi que ceux qui cessent de les protéger et de les sauvegarder devront faire face à une perte certaine :
« … qui rompent le pacte qu'ils avaient fermement conclu avec Allah, coupent ce qu'Allah a ordonné d'unir, et sèment la corruption sur la terre. Ceux-là sont les vrais perdants. » (Coran : 2/27)
« Si vous détournez, ne risquez-vous pas de semer la corruption sur terre et de rompre vos liens de parenté? Ce sont ceux-là qu'Allah a maudits, a rendus sourds et a rendu leurs yeux aveugles. » (Coran : 4/22-23)
Le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) annonce la terrible perte que subiront ceux qui n’auront pas prêté importance aux droits de leurs proches :
« L’individu qui rompt les liens avec sa famille n’entrera pas au Paradis. » (Bukharî ; Adab, 11)
« Les péchés méritant une punition immédiate de la part d’Allah dans ce monde et un châtiment dans l’au-delà sont l’oppression et le fait de négliger les parents. » (Abû Dawud, Adab, 43 ; Tirmidhî, Qiyama, 57)
Le Messager de Dieu a dit :
« Mon Seigneur m’a ordonné de donner à ceux qui me prive. Je vous conseille aussi de faire de même. »
Il est dit dans un verset du Coran :
« La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. » (Coran : 41/34)
Il est dit aussi dans un hadith :
« Ne rompez pas vos liens avec ceux qui les ont rompus avec vous ! Donnez à ceux qui ne vous donnent pas ! Pardonnez à ceux qui vous nuisent ! » (Ibn Hanbal, IV, 148, 158)
Vers la septième année de l’Hégire, il y eut à La Mecque une sécheresse suivie d’une terrible famine. Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) envoya aux Mecquois de l’or, de l’orge et des dattes afin de les aider malgré le fait que ces derniers lui avaient manifesté une farouche hostilité depuis vingt ans. Abû Sufyan collecta tout cela et en fit don aux pauvres de La Mecque.
Un homme est vaincu par la bienveillance. La gentillesse et la bienfaisance adoucissent même l’hostilité de l’ennemi. Compte tenu de la bonté du Messager de Dieu envers les pauvres de La Mecque, Abu Sufyan, exprimant sa gratitude par la diminution de son hostilité et de la dureté qu’il ressentait dans son cœur, a déclaré :
« Puisse Dieu récompenser avec gentillesse le fils de mon frère ! Parce qu’il a sauvegardé le droit de la famille. » (Ya’qubi, Tarih, II, 56)
Beaucoup de gens acceptèrent l’Islam en raison de la magnanimité et de la vertu du Prophète (paix et salut de Dieu sur lui).
Joseph (Yûsûf : paix sur lui) est à cet égard un bel exemple. Bien que ses frères l’aient jeté par jalousie au fond d’un puits, il fit preuve de bonté envers eux. Il ne leur fit aucun reproche et leur pardonna. Ils dirent après cela : « Par Allah ! Vraiment Allah t'a préféré à nous et nous avons été fautifs ». (Coran : 12/91)
En résumé, afin d’orienter les gens vers Dieu et la bonté, il est nécessaire de trouver un chemin qui va vers leur cœur. La voie la plus courte est la générosité, la compassion et le pardon, ce qui signifie être en mesure de donner aux serviteurs de Dieu par le biais de ces vertus du cœur.
Pour être capable de devenir un croyant exemplaire qui a atteint l’amour de Dieu le Très-Haut, nous devons constamment Le craindre dans nos cœurs, ne jamais s’éloigner de la justice dans les moments de colère ou d’assentiment, être frugal en période de richesse ou de pauvreté et dépenser dans la voie de Dieu autant que possible, ne jamais rompre les liens de parenté, témoigner de la bonté à ceux qui nous privent et même pardonner, avec un cœur infini, à ceux qui nous oppriment.
Un jour, l’ange Gabriel informa le Prophète concernant trois questions, en fonction du degré de leur importance : Ka’b ibn Ujrah raconte :
« Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) désira que nous nous assîmes à proximité de la chaire. Nous nous assîmes donc en face. Il monta sur une marche et dit ‘Amin !’ Il monta sur une autre marche et dit ‘Amin !’ Puis il monta sur une autre marche et dit de nouveau ‘Amin !’ Quand il descendit de la chaire, nous lui dirent :
« Ô Messager de Dieu ! Aujourd’hui, nous avons entendu de toi quelque chose que nous n’avions jamais entendue auparavant. »
Le Messager de Dieu (paix et salut de Dieu sur lui) leur répondit :
« Pendant que j’étais sur la chaire, l’ange Gabriel est venu vers moi. Lorsque j’étais sur la première marche, Gabriel dit : ‘Qu’il soit éloigné de la miséricorde divine celui qui parvient au mois de Ramadan et qui n’est pas pardonné ! Et je répondis ‘Amin !’ Lorsque j’étais sur la seconde marche, Gabriel dit : ‘Qu’il soit éloigné de la miséricorde divine celui qui ne te renvoie pas les salutations quand ton nom est prononcé avec le Sien !’ Et je répondis ‘Amin !’ Lorsque j’étais sur la troisième marche, Gabriel dit : ‘Qu’il soit éloigné de la miséricorde divine celui dont les parents, l’un ou les deux, atteignent l’âge de la vieillesse et que lui-même n’a toujours pas atteint le Ciel !’ Et je répondis ‘Amin !’ » (Hakim, Mustadrak, IV, 170)
Seigneur ! Permets-nous d’être parmi les bien-aimés de notre Prophète. Aide-nous à suivre méticuleusement ses ordres et ses conseils comme une ombre suivant son propriétaire. Puisse notre Seigneur nous aider à atteindre la moralité du Prophète, ‘ l’unique modèle’, dont Il a Lui-même soigné et puisse t-Il nous joindre aux fidèles de ce monde qui sont les témoins de ce noble personnage.
Amin
Traduction de Musa Belfort

