Le Prophète Muhammad

Le Prophète Muhammad

Pr Dr. Hasan Kamil Yılmaz

      

Le Messager de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui) possédait le meilleur des caractères, un comportement parfait. Il est la cause de l’existence, l’unique dirigeant des hommes. Interlocuteur de l’Ange Gabriel, il nous a appris le Saint Coran. Annonciateur de la vie future, il est le point de départ de toutes les chaînes, le plus grand et le premier maillon. C’est la raison pour laquelle il est le guide dans l’interprétation, dans les traditions, dans le droit divin, dans la parole céleste, dans la mystique. 

 Dieu le Très-Haut a loué ses mérites. Il est le guide de l’homme. Pour Dieu le Tout-Puissant, aimer et obéir à son Messager (paix et salutations de Dieu sur lui) équivaut à L’aimer et à Lui obéir. C’est un grand prophète, celui de la fin des temps. Son comportement était le Saint Coran. Dieu a créé en premier lieu son âme puis l’a envoyé sur Terre en dernier lieu (en tant que Messager). Ses vertus le rendent qualifié pour être le principal modèle de foi, de croyance, de moralité, de comportement et pendant les adorations. Caractère exempt de toute vanité, il possède le meilleur des comportements (« uswatun hasanah»). Dieu le Très-Miséricordieux dit :

« Vous avez, dans l’envoyé de Dieu, un beau modèle pour vous, pour quiconque espère en Dieu et au Jour Dernier et qui invoque fréquemment le nom de Dieu. » (Coran 33: 21)

Et en s'adressant à Son bien-aimé :

 « Tu es certes d’un caractère éminent. » (Coran 68 :4)

Le Maître

Il est le point de convergence des maîtres mystiques ; il est « le meilleur modèle » et possède un caractère sublime, un comportement irréprochable, une éducation véritable de l’âme islamique. Ses paroles bénies, sa conduite et son remarquable comportement sont les bases même du soufisme. Il nous paraît prétentieux d’affirmer pouvoir décrire la perfection et la beauté qui lui sont propres. En effet, il a directement été éduqué par son Seigneur. Son comportement était « le Saint Coran », comme approuvé par son épouse Aïcha et ses Compagnons. Il était le premier à appliquer les ordres divins qu’il recevait. C’est pourquoi nous allons tenter de le connaître en décrivant certaines scènes de sa vie, sous la lumière du Saint Coran et de sa tradition.

Les apparences pouvant être trompeuses, le meilleur moyen de connaître une personne est de se renseigner auprès de son entourage proche. En effet, il arrive quelquefois que l’on reconnaisse la grandeur d’une personne et c’est seulement en commençant à la connaître que l’on se rend compte que ce qui la caractérisait s’affaiblit. Or, concernant le Prophète de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui), il n’en est rien. Ceux qui l’ont connu de très près, ceux qui ont connu ses confidences et ses secrets même les plus intimes, le décrivent tous de la même manière : un homme parfait, irréprochable, d’un caractère exemplaire, ayant un cœur rempli de miséricorde, ayant une ouverture d’esprit sans pareil, quelqu’un à qui l’on peut faire confiance sans crainte. Ses proches, composés de ses épouses, depuis sa première épouse Khadîdja jusqu’à Aïcha, mais également de sa fille Fatima, de son gendre Ali, de son fils adoptif Zayd et de son domestique Anas étaient tous unanimes. Ils ne pouvaient que vanter les mérites du Messager de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui), sa maturité de foi, son caractère unique. Il est celui qui a été « envoyé pour parfaire le comportement idéal ». Il développait l’admiration de ses Compagnons, était leur modèle. Il était très altruiste, portant plus d’intérêt pour les autres que pour lui-même, aimait plus donner de soi pour les autres que pour lui-même. Cela faisait augmenter l’amour que l’on ressentait pour lui. D’ailleurs, n’est-ce donc pas l’objectif initial de l’éducation ? Il était comme un « père » pour ses Compagnons, et ses épouses comme des « mères ». Sa communauté est donc la « descendance » de cette famille ; les croyants sont frères. À travers le système d’éducation morale qu’il a établi, il a voulu enseigner la manière de grandir dans un foyer chaleureux. Il en est de même dans le soufisme : le maître est chargé de montrer le droit chemin à travers une éducation spirituelle afin que les fidèles prennent de la maturité dans leur vie morale et dans leur foi.

Sa vie spirituelle

La vie spirituelle soufie repose sur beaucoup d’exemples essentiels de la vie du Prophète (paix et salutations de Dieu sur lui). Avant la prophétie, avant même d’avoir reçu la première révélation, il aimait s’éloigner du peuple, se retirer. Il aimait les grands espaces vides où il vaguait seul et méditait. Par cet acte d’isolement ( inziwa ), il a parfait spirituellement sa préparation afin de rencontrer l’Ange Gabriel. Cette période de sa vie, cet ensemble d’abstinences, ces expériences spirituelles et la méditation sur le Créateur de l’univers préparaient son cœur à accueillir la foi divine et la certitude. Le retrait des soufis, les souffrances et les « quarante jours » s’inspirent de cet aspect méditatif de la vie du Messager (paix et salutations de Dieu sur lui).

Bien qu’il ait atteint un degré spirituel sans équivalent, bien que Dieu le Très-Miséricordieux lui ait annoncé le pardon de tous ses péchés, il était systématiquement au summum de l’adoration et de l’obéissance. Il se levait la nuit pour effectuer des prières surérogatoires et s’adonnait au jeûne la journée.

Il a établi un modèle à suivre pour toute l’humanité du point de vue de son train de vie et de sa manière de vivre, dans le renoncement à ce bas monde au profit des adorations et de sa simplicité. Dans ses actes d’adoration, il n’était ni dans l’excès, ni dans la séparation. Il suivait un chemin intermédiaire, dans la piété. L’Etat qu’il a institué a dépassé la Péninsule Arabique. Il n’a jamais changé son attitude apparente, même durant les périodes où les trésors de l’État débordaient de butins et de richesses. Dans son foyer, il n’y eut jamais de cuisson de soupe, le feu n’a jamais bouilli. Les jours où il se contentait de dattes et d’eau sont fort nombreux. Ses épouses éprouvaient des difficultés à suivre cette existence. Un jour, elles lui ont demandé des biens de ce monde. Le Messager de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui) leur a laissé un mois de réflexion, envisageant même le divorce. Suite à cela, le Seigneur et Maître de l’Univers révéla le verset suivant :

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses : « Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez ; je vous accorderai une belle part (à titre d’indemnité pour le divorce) et vous donnerai un généreux congé. Mais si vous recherchez Dieu, Son Prophète et la Demeure Dernière, sachez que Dieu a préparé une magnifique récompense pour celles d’entre vous qui font le bien. »  (Coran 33: 28- 29)

Ses épouses ont finalement préféré suivre Dieu le Très-Miséricordieux et son Messager (paix et salutations de Dieu sur lui).

 Le renoncement à ce bas monde au profit des adorations

 D’après le Prophète (paix et salutations de Dieu sur lui), renoncer à ce bas monde au profit des adorations (zuhd) ne consiste pas à déclarer une chose licite illicite, ni perdre ses biens. Au contraire, il s’agit de ne pas compter sur d’autres biens que ce que Dieu lui a donnés. S’il arrive un malheur à un bien, il s’agit davantage de se satisfaire des bonnes actions gagnées par l’action de patienter face à cette épreuve que de s’attrister de la perte de ce qu’il possédait.

Son foyer était d’une grande modestie. Il n’aimait pas les décors coquets, voyants, « tape-à-l’œil ». D’ailleurs, un jour où sa fille Fatima recouvrit sa maison de nappes décoratives, il fit demi-tour sans entrer à l’intérieur et dit : « Habiter dans des endroits décorés nous est indigne ! » Un autre jour, son épouse, notre mère Aïcha décora le plafond. Le Messager fit de suite enlever ces ornements. Son lit était par moment un morceau de tapis, une peau de fibres de dattes, ou bien de la paille. Selon Ibn Mas’ud, un jour, la paille sur laquelle avait dormi le Messager de Dieu  (paix et salutations de Dieu sur lui) avait laissé des traces sur son corps. Sur ce fait, lorsqu’on lui dit : « Puissions-nous mettre autre chose sur la paille avant de te coucher dessus ? », il répondit : « Quel intérêt ai-je pour la terre ? Je suis ici comme le voyageur qui vient se reposer quelques instants sous un arbre et qui s’en va. »

Les gouverneurs et dirigeants qui ont été formés à son école ont su gérer des cités et des pays entiers avec des dépenses minimes, et ce, grâce à l’éducation qu’ils ont reçue du Messager de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui). En effet, les besoins et les désirs des gens sont sans limites. Or, celui qui sait assouvir ses besoins en se contentant d’un faible budget, consacrant le reste de son temps pour une cause noble, est capable de servir convenablement les gens qui sont sous sa responsabilité. C’est pourquoi, pour pouvoir gouverner convenablement, il faut d’abord savoir se gérer avant de vouloir gérer les autres. C’est la raison pour laquelle le Prophète (paix et salutations de Dieu sur lui)  a restreint les besoins obligatoires de la manière suivante : « Un toit pour dormir, un habit pour se protéger du froid et du chaud, quelques bouchées pour se redresser. » Ces traditions, ainsi que les fondements du soufisme conseillant le renoncement à attacher de l’importance à ce bas monde au profit des adorations, sont valables pour les individus seuls et non pour la société toute entière. De surcroît, cette idée n’est pas à appliquer à la lettre, mais sert à donner un objectif vers lequel il faut tendre. Par son caractère, son comportement, sa morale irréprochable, sa puissance spirituelle, le Messager de Dieu (paix et salutations de Dieu sur lui) est exemplaire et représente la personne idéale à qui s’identifier. Toutes ces qualités ne se sont jamais retrouvées réunies chez une seule personne. Quelques soient les situations, aussi bien durant les dures premières années d’appel et de guidée que lorsqu’il dirigeait la ville de Médine, son comportement était parfait à l’identique et inégalable.

Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui.

 

 

 

     

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